Marie-Hélène TREHEUX

Quel est le nom de ta pratique ?

Animatrice d’Ateliers d’écriture

Donne-moi 5 mots clefs qui caractérisent ta pratique

– Respect, Ecoute bienveillante, Partage; Imaginaire, Créativité

Peux-tu m’expliquer, comme si j’étais un enfant, de quoi il s’agit ?

Un atelier d’écriture c’est 3 choses :
– un lieu, le plus agréable possible, accueillant, chaleureux et adapté à l’activité
– un groupe de participants qui aiment écrire et jouer avec les mots
– enfin, c’est une animatrice formée pour cette activité et la gestion d’un groupe. 

   Dans mes ateliers, il est important que les personnes se sentent en confiance et cela est possible grâce à un cadre sécurisant qui est posé en amont. La notion de plaisir est également très importante mais cela aussi est favorisé par le cadre. Chaque participant est au même niveau, on ne se compare pas, l’animatrice elle-même écrit et lit ses textes.
Pourquoi, très (trop) souvent, les gens n’osent pas, ne s’autorisent pas, à écrire, à lire, à être soi-même, à créer tout simplement ? Derrière cela, se cache une peur, peur du regard de l’autre, peur du jugement, peur de la critique. Si l’on gomme tout cela, ce que fait le cadre dont je parle plus haut, il n’y a plus de raison d’avoir peur.
La confiance s’installe et l’on OSE, écrire, lire devant le groupe. Il n’y a aucun risque !
Les participants me disent régulièrement : « Qu’est-ce-que l’on se sent bien dans cet atelier ».

A quel public s’adresse cette pratique ?

Absolument tout public : enfants, adolescents, adultes, personnes âgées.
Dès qu’un enfant sait écrire, et même s’il ne maîtrise pas encore parfaitement l’écriture, il peut participer à un atelier. C’est important de l’encourager dans ce sens, qu’il aime écrire ou pas d’ailleurs. La démarche va lui permettre, peu à peu, de se sentir à l’aise, d’avoir confiance et de prendre du plaisir à jouer avec les mots.
Ceci est d’ailleurs valable pour toutes les tranches d’âge.

Concrètement, comment se passe une séance ?

   Au sein des ateliers que j’anime depuis maintenant 18 ans, il y a un cadre qui se décline en plusieurs points :
– Ecoute bienveillante
– Respect (de soi et des autres)
– Pas de critique, pas de jugement
– Confidentialité

Le respect de ces différents points va permettre aux participants de se sentir en confiance et, ainsi, oser écrire et oser lire leur texte.   C’est également une démarche non directive et l’animatrice écrit et lit son texte comme les autres participants.
Durant cet atelier, qui dure en général 3 heures, je fais 3 propositions (ou jeux) d’écriture. J’énonce une première proposition et je lis quelques textes en rapport avec le thème énoncé. Puis, nous déterminons ensemble le temps d’écriture, qui varie souvent entre 20 mn  et 30 mn mais cela peut être également un temps plus court ou plus long.
Ensuite, chacun écrit, le plus spontanément possible, en laissant surgir les mots, les idées, les phrases qui viennent, en essayant de ne pas se censurer, de ne pas se juger. On y arrive assez rapidement.
Quand le temps d’écriture est écoulé, on pose le stylo, même si le texte n’est pas terminé. Enfin, j’invite les participants à lire leur texte, s’ils le souhaitent.
Ces moments de partage sont toujours très forts, très denses et émouvants.Mais, c’est à ce moment-là, que le cadre, dont je parle plus haut prend toute son importance.
Les 2 autres propositions, à thèmes tout à fait différents, se déroulent sensiblement de la même façon. La 3ème est généralement une proposition ludique où chacun peut « se lâcher ».
Je dois dire que l’on rit beaucoup dans mes ateliers. J’aime rappeler que dans le mot EC’RIRE  le rire est aussi bien présent.

Peux-tu nous parler de ton parcours ?

J’ai travaillé dans deux secteurs d’activité très différents.
Dans un premier temps, j’ai travaillé pendant 18 ans dans un domaine qui m’a passionnée et auquel je m’intéresse toujours : l’architecture et le patrimoine.

Puis, grand virage, j’ai besoin  de passer à autre chose. Je m’inscris en psycho et sociologie du travail et, en parallèle, je m’inscris sur une formation en gestion du personnel puis en formation des adultes. Après un court passage dans un service des Ressources Humaines, je travaille  pendant 21 ans en tant que formatrice en insertion sociale et professionnelle. Nouvelle expérience riche et passionnante qui me permet d’intervenir en Centre de Formation – Greta – Centre de détention – Centre de Réeducation Fonctionnelle et Professionnelle.
Aujourd’hui, installée en statut d’auto-entrepreneur, je continue d’animer des ateliers réguliers ou ponctuels :
– Intervention depuis plusieurs années au Centre Social d’Avallon sur une action menée en partenariat avec la CAF en direction de familles mono-parentales (Ateliers d’écriture « Histoires de Vie »)
– Intervention au Lycée des Chaumes d’Avallon (plusieurs classes de seconde) sur le thème « égalité Homme-Femme » et de la participation à la semaine culturelle.
– Animation de « La Nuit de l’Ecriture » à Vézelay dans le cadre des Rendez-Vous du Lire et de l’Ecrire – (RVLE) et participation à une table ronde sur ce même thème.
– Animation d’ateliers au cours de différents festivals et lecture des textes en public

         – Festival « Résistance » – Clamecy

         – Festival « Itinéraires Singuliers » – Dijon

         – Festival « L’Art et le sacré en Chaourçois »

         – Festival « Famille » – Avallon.

Quel a été ton déclic pour te lancer dans cette pratique ?

Cela s’est fait assez naturellement. Je participais à des ateliers d’écriture depuis plusieurs années quand, le centre de formation qui m’employait m’a proposée d’animer un module d’ateliers d’écriture sur un futur projet en direction d’un public en réinsertion. J’ai donc suivi une première formation sur un an et j’ai ainsi pu commencer à intervenir en tant qu’animatrice d’ateliers d’écriture.

Que souhaites-tu ajouter ?

J’ai envie de dire aux personnes qui hésitent à pousser la porte de l’atelier :  « OSER »  venez essayer, une fois, sans engagement, juste pour voir si la démarche et le groupe vous conviennent. Mais, quelquefois, il est important de se donner le temps de lâcher ses peurs et d’oser.
Enfin, depuis quelques années des ateliers d’écriture voient régulièrement le jour et c’est une bonne chose. La personne qui souhaite devenir animateur (trice) d’ateliers d’écriture a le choix entre différentes « méthodes », différentes approches, différentes sensibilités  pour se former. Ainsi, avant de m’engager sur une de ces formations, je suis allée expérimenter, tester, voir ce que chacune de ces approches proposait et, j’ai ainsi choisi celle qui correspondait le mieux à mes attentes et à ma sensibilité.  J’ai participé à quelques ateliers proposés au sein de ces différentes approches afin de m’en  faire une idée plus précise et me rendre compte si leurs objectifs étaient en accords avec les miens.
Aujourd’hui, je sais que mon choix était le bon. Et, comme pour toute activité au sein d’une relation d’aide,  je rencontre régulièrement d’autres animateurs qui ont suivi la même formation afin d’échanger et d’analyser sur nos pratiques respectives.

   En effet, il est important de s’ouvrir à d’autres, tout en apportant sa pierre à l’édifice et d’y inclure les fruits de son expérience et de sa passion.

Marie-Hélène TREHEUX

17 enceinte de Digogne – 89270 ARCY SUR CURE

Tél. 06 60 29 99 19

mail : marie-helene.treheux@laposte.net